Le réseau de vélo-partage de Québec diffuse en direct, station par station, le nombre de vélos disponibles. En allant chercher simplement cette information publique jour et nuit, on peut redessiner la journée de la ville. Voici ce qu'on y trouve.
Vous voulez voir les statistiques du réseau ? Cliquez ici.
La carte interactive, station par station : les vélos disponibles heure par heure,
jour après jour.
C'est une question toute simple à laquelle le flux web ne répond pas directement.
Le réseau nous dit, pour chaque station et à chaque instant, combien de vélos y sont garés. C'est tout. Il ne dit pas combien de vélos existent en tout, ou combien sont en train de rouler. Ces deux nombres, on doit les retrouver. Voici comment.
À chaque instant, on additionne les vélos garés dans toutes les stations. Ce total monte et descend au fil de la journée. La nuit, presque tous les vélos rentrent aux stations : le total garé atteint alors son maximum. Ce maximum est notre meilleure estimation du nombre total de vélos en service, environ 2385 pour aVélo.
Une fois la flotte connue, le reste est une soustraction. À n'importe quel moment :
Si 2385 vélos existent et que 1600 sont garés, alors 785 sont dehors : sur la route, à une lumière, ou attaché au magasin.
Sur les 28 jours enregistrés : à un moment ordinaire dans la journée, environ 260 vélos sont dehors ; en soirée, ça grimpe vers 800 ; et les grands soirs (Fête nationale, Festival d'été) dépassent 1300 vélos en même temps. On voit très bien l'utilisation des vélos qui suit les grands événements : on les retrouve exactement aux bonnes dates et on voit l'évolution à chaque heure. Une discussion plus bas va regarder cela.
Aucun de ces deux nombres n'est exact à un vélo près :
En résumé : le vrai nombre de cyclistes se trouve quelque part sous la courbe « en circulation », et la vraie flotte un peu au-dessus de 2385. Ce sont des ordres de grandeur fiables, mais pas des décomptes officiels.
Le remplissage du réseau vu comme une marée qui monte et descend sur la ville.
Pour chaque station, on connaît son taux de remplissage : les vélos disponibles divisés par sa capacité (0 % = vide, 100 % = pleine). Plutôt que d'afficher 226 pastilles séparées, on colore tout l'espace entre les stations : on devine la couleur aux endroits sans station en mélangeant celles des stations voisines. On obtient un champ continu (rouge où le réseau est vide, vert où il est plein et même déborde) et on voit d'un coup où la ville se vide, pas seulement de combien. (On efface la couleur au-delà de ~900 m de toute station, pour ne pas peindre le fleuve ni les quartiers sans réseau.)
Le film en haut de page est exactement cette carte, une image par minute, du midi à minuit. L'image ci-dessous en fige quatre instants marquants.
Le film complet est en tête de page : c'est la même carte, mais animée minute par minute.
Le Festival d'été (9 au 19 juillet) laisse une signature très nette : on peut lire, soir après soir, l'heure où les gens partent pour les Plaines et l'heure où ils rentrent. On peut même voir pour quel spectacle les gens sont arrivés plus tôt (Muse et Michael Bublé, mais aussi le soir de Kesha avec Shaggy) mais aussi on voit quels soirs les gens sont partis avant la fin (Lumineers) et quels soirs les gens sont restés jusqu'au bout (Muse et Martin Garrix)
Le grand site du festival est sur les plaines d'Abraham. Une station y est même installée pour l'occasion, la station temporaire des Plaines d'Abraham (la numéro 122). En regardant les 6 stations du secteur du Festival, on voit le festival allumer tout le quartier : une soirée de FEQ, la station des Plaines passe de 3 départs de fin de soirée à plus de 250. Après elle, ce sont le Grand Théâtre, l'Église Saint-Jean-Baptiste, le Parc Lockwell, la Francophonie qui s'animent : tout le pourtour de Grande Allée et Montcalm.
En moyennant les 11 soirées, on voit le rythme. Les stations du pourtour (Grand Théâtre, Francophonie) se remplissent à mesure que la foule arrive, jusqu'à ~30 vélos garés vers 19 h–21 h, puis se vident d'un coup au moment du retour. La station du site (122), elle, est surtout très brassée : c'est de loin la plus active, avec deux bosses d'activité : l'arrivée vers 19 h 30 et la sortie massive vers 23 h. On y reviendra plus tard, mais cette station temporaire des Plaines (une excellente idée!) amène un défi d'analyse important car le nombre d'entrées/sorties est très grand et les représentants d'àVélo sortent les vélos des racks pour faire de la place à ceux qui arrivent à mesure que les racks se remplissent. Ainsi, il y a des "sorties" de vélos qui ne sont pas des "débuts de trajets" (surtout en début de soirée lorsque tout le monde arrive, on doit faire de la place en enlevant des vélos) et des "fins de trajets" (en fin de soirée, quand tout le monde veut un vélo pour partir, on doit rapidement remplir le rack avec les centaines de vélos en réserve). Pour l'instant, on ignore ce détail.
C'est l'asymétrie de la soirée. On arrive aux Plaines progressivement, entre 17 h et 21 h, dépendamment du spectacle qu'on veut voir ; le flux net vers le site reste positif (vert) et le secteur se remplit. Puis, quand la tête d'affiche finit vers 23 h, tout le monde repart en même temps : le flux bascule (rouge) et le vidage culmine à 23 h 10. On part pour le spectacle dès ~17 h 50 en moyenne ; on en revient à 23 h.
| Soirée | Tête d'affiche (Plaines) | Fin du spectacle | Arrivée (pic) | Départ (pic) |
|---|---|---|---|---|
| 9 juillet | Limp Bizkit | 23:00 | 19:30 | 21:40 |
| 10 juillet | The Lumineers | 23:00 | 18:40 | 22:40 |
| 11 juillet | Luis Fonsi | 23:00 | 20:20 | 23:00 |
| 12 juillet | Michael Bublé | 23:00 | 18:40 | 23:00 |
| 13 juillet | Souldia | 23:00 | 19:20 | 23:00 |
| 14 juillet | Patrick Watson | 23:00 | 19:50 | 23:30 |
| 15 juillet | Kesha | 23:00 | 19:20 | 23:00 |
| 16 juillet | Gwen Stefani | 23:00 | 19:40 | 23:10 |
| 17 juillet | Muse | 23:15 | 18:00 | 23:20 |
| 18 juillet | Martin Garrix (électro) | 23:45 | 21:20 | 00:00 |
| 19 juillet | Jelly Roll | 23:00 | 20:50 | 23:00 |
| Médiane | 23:00 | 19:30 | 23:00 |
Et voici le plus cool : les vélos « voient » l'horaire des concerts sans jamais le connaître. On voit aussi que les gens sont arrivés plus tôt pour Muse, et que Shaggy etait plus intéressant que Kesha. Presque tous les soirs, la tête d'affiche à la Scène Bell finit à 23 h et le pic de départs tombe à 23 h–23 h 10, mais des fois (Lumineers 10 juillet), on part un peu avant la fin... On voit aussi très bien que les gens sont arrivés tard à la soirée électro avec Martin Garrix: il pleuvait jusqu'à environ 20h.
« Arrivée / départ » = l'heure du pic d'arrivées (fenêtre ≤ 21 h 40) et du pic de départs (≥ 20 h). Le comptage brut sous-estime le débit, mais l'heure reste fiable ; la station temporaire des Plaines porte un peu de bruit de rééquilibrage qui n'affecte ni le niveau ni le pic de 23 h. Programmation de la scène Bell d'après le Festival d'été de Québec.
Une page interactive qui se régénère toute seule à partir des données fraîches.
Rien d'autre qu'un flux public et un ordinateur qui écoute sans relâche.
Toutes les heures sont en heure locale de Québec. J'ai remarqué une station de test du fournisseur, placée aux coordonnées (0, 0) au milieu de l'océan. Elle est écartée de toutes les analyses : laissée en place, elle faussait à elle seule les résultats, parce que les poissons ne prennent pas de vélos et ne font rien de spécial les soirs de Festival